Voici une nouvelle image réalisée le 23 septembre 2026 avec le CPC925 et la caméra Altaïr GPCAM3 462M équipée d'un filtre Astronomik pro planet BP642. Après avoir photographié le plateau d'Aristarque et la vallée de Schröter, je me suis déplacé vers le sud en direction du cratère Marius et du grand champ de dômes volcaniques qui l'entoure.
Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M
+ barlow Kepler shorty apo 2x + filtre R+IR pro planet 642 BP
Les dômes de Marius constituent une vaste région volcanique située à l'ouest du cratère Marius (41 km de diamètre), dans l'immense plaine sombre de l'océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum). Cette région regroupe la plus grande concentration de dômes volcaniques lunaires, avec plus de 300 formations répertoriées. Ces collines ont été créées par des remontées de laves visqueuses, elles mesurent généralement entre 3 et 10 kilomètres de diamètre pour une hauteur de 50 à 500 mètres. La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a permis d'identifier deux sortes distinctes de dômes dans le secteur, de grands dômes aux formes irrégulières et des dômes plus petits, aux flancs abrupts.
Notons également qu'au nord-est de ce massif volcanique se trouve la fine trace sinueuse d’une ancienne rivière de lave : Rima Marius, longue de 275 km pour moins de 1 km de large. Les rainures lunaires se forment lorsque de grands volumes de magma à faible viscosité entrent en éruption et s'écoulent de manière turbulente. Cet écoulement turbulent creuse un chenal en érodant la surface de la lune, jusqu'à ce que le magma finisse par s'évacuer.
Retour sur la Lune avec le CPC925 et la caméra Altaïr GPCAM3 462M équipée d'un filtre Astronomik pro planet BP642. Ce soir la turbulence atmosphérique est avec des ondulations haute fréquence, rien de rédhibitoire pour pratiquer de l’imagerie lunaire à haute résolution. Nous sommes le 12ème jour lunaire et la phase gibbeuse offre un terminateur idéal pour photographier le cratère Aristarque et la vallée de Schröter.
Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M
+ barlow Kepler shorty apo 2x + filtre R+IR pro planet 642 BP
Aristarque est un cratère d'impact remarquable qui présente des remparts couverts de matériaux clairs. Il s'agit de l'une des formations les plus brillantes de notre satellite naturel, à tel point qu'à l'oculaire du télescope il attire l’œil, on ne peut pas le rater. Cette clarté trahit la relative jeunesse de l'impact, il est daté de seulement 450 millions d'années; ce qui en fait l'une de reliefs les plus récents de la Lune. Le cratère Aristarque mesure 40 km de diamètre, son enceinte culmine quant elle à 3700 m.
La vallée de Schröter est une large vallée sinueuse qui s'étend sur près de 200 km de long à travers le plateau montagneux d’Aristarque. Il s'agit d'une ancienne rivière de lave dont les flots s'écoulaient à partir d'un dôme volcanique surmontant une caldéra. La vallée de Schröter trouve sa source à près de 2000 m d'altitude et présente une largeur de plus de 5 km par endroit. On compare souvent la vallée de Schröter à un cobra dont la tête se situerait entre les cratères Hérodote et Aristarque.
A gauche d'Aristarque, nous pouvons deviner le vestige du cratère Prinz, une enceinte de 47 km de diamètre en "forme de fer à cheval" qui en grande partie ensevelie par les flots de lave de la Mer des Pluies. Juste au dessus s'étendent de fines rainures, bien plus discrètes que la vallée de Schröter, il s'agit des rimae Prinz. Se sont d'anciens canaux creusés par des coulées de laves basaltiques très fluides. La lave à haute température a érodé et fait fondre la roche de surface, laissant derrière elle ces canaux ou des tunnels de lave effondrés.
J'ai eu l'occasion d'observer la Lune avec
mon Celestron 9 par une belle nuit stable à l'observatoire de
Marseille. Nous étions au premier quartier de Lune et je faisais
découvrir les reliefs lunaires au public. J'ai quand même trouvé un
moment pour installer la caméra Altaïr GPCAM3 462M au foyer du Schmidt
Cassegrain pour faire une capture. J'ai rajouté une barlow Kepler 2x et
un filtre R+ IR Astronomik pro planet BP642 pour détailler une zone
lunaire que j'affectionne particulièrement : Les failles d'Hyginus et de
Triesnecker. Ces formations lunaires sont à observer en lumière rasante
à partir du 7ème jour lunaire.
Cette région proche de l'équateur lunaire a
fortement été marquée par le volcanisme dans le passé. Les nombreuses
failles (appelées rimae) que l'on y trouve en témoigne. Notons que la
fissure de Hyginus (en haut à gauche) est entrecoupée d'un cratère de 9
km de diamètre qui s'avère être une caldeira volcanique et non une
marque d'impact. La fissure perlée de Rima Hyginus (219 km de long pour 4
km de large) et le complexe réseau de failles de Triesnecker (200 km de
long dans son grand axe) sont des failles correspondant à d'anciennes
coulées de lave ou d'anciens tunnels de lave dont le toit s'est
effondré. Ces structures pourraient être liés à la formation du Sinus
Medii (la grande baie sombre et plane où se trouvent les rainures), il y
a 3,5 milliards d’années de cela. Les "fines" rainures entrecroisées de
Triesnecker portent le nom du cratère qui les borde. Cette marque
d'impact d'astéroïde mesure 26 km de diamètre.
Quelle misère ce mois de janvier 2026 !
Pas moyen de trouver une nuit dégagée propice aux observations
astronomiques durant des semaines, jusqu'au mercredi 28 où quelques
trouées m'ont permis de ressortir enfin le Celestron 9. Ce soir là
j'animais pour une soirée d'observation publique à l'observatoire de
Marseille, et j'ai pris de quelques instants pour tirer le portrait de
deux beaux cratères de l'hémisphère sud lunaire. Malgré la présence
d'une turbulence atmosphérique ondulante, j'ai pu obtenir deux images
assez détaillées, à commencer par l'imposant cratère d'impact Clavius.
Avec son diamètre de 225 km, il s'agit du troisième plus grand cratère
de la face visible de notre satellite naturel. Ses remparts sont
impressionnant car ils culminent par endroit à 3500 m d'altitude.
Clavius apparaît traversé par un enchainement original de craterlets
disposés en arc de cercle et qui se suivent du plus grand au plus petit
comme les Daltons.
Toujours dans l'hémisphère sud, voici le
cratère Tycho, dont le relief très marqué et le système rayonnant
d’éjectas indiquent qu'il est relativement jeune. En effet, il se serait
formé il y a 107 millions d'années (au temps des dinosaures sur
Terre) à la suite de la chute d'un astéroïde d'une dizaine de kilomètres
de diamètre. Ce cratère présente un diamètre de 92 km et ses remparts,
très élevés, culminent à 4700 m ! Tycho comporte un magnifique piton
central montagneux qui domine le font du cratère avec une hauteur de
2200 m.
Lundi 29 décembre 2025 la nuit était
claire, j'en ai profité pour sortir le Celestron 9 et imager Jupiter
puis la Lune. L'atmosphère était très stable, les images des reliefs
lunaires à l'oculaire étaient magnifiques et détaillées. Près du
terminateur, le grand cratère Copernic se distinguait parfaitement. Ce
cratère d'impact est relativement récent dans l'histoire de notre
satellite naturel, son âge est estimé à 800 millions d'années. Ses
remparts en terrasses sont impressionnants, ils mesurent 93 km de large
et 3800 m de hauteur. Le cratère entoure un groupe de montagnes
centrales dont les plus hautes atteignent près de 900 m d'altitude.
Notons également que les nombreux petits cratères qui parsèment l'image
ont été crées par les retombées d'éjectas soulevés au moment de l'impact
qui engendra Copernic.
Le
cratère Copernic - Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M
+ barlow Kepler shorty apo 2x + filtre R+IR pro planet 642 BP
Ce samedi 17 février 2024 j'ai profité
d'une belle nuit très stable pour sortir le Nexstar 8 SE et la caméra
Altaïr GPCAM290C. J'ai commencé par imager Jupiter, puis j'ai enchainé
avec la Lune. Je vous présente le jeune cratère Werner (71 km) dont le
relief est particulièrement prononcé. En effet, ses remparts s'élèvent à
près de 4200 mètres d'altitude ! Au fond du cratère figure un pic
plutôt modeste et décentré entouré de petites collines. Dans cette
région très cratérisée de l’hémisphère sud lunaire se trouve une
curiosité bien connue des astronomes amateurs : Le "X" lunaire !
Le "X lunaire" est une curiosité
observationnelle qui apparaît durant quelques heures lorsque le cratère
Werner est situé sur le terminateur un peu avant le premier quartier.
Lorsque l’éclairage solaire est rasant, les hauts reliefs qui séparent
les cratères Purbach, La Caille, Blanchinus et Regiomontanus
s'illuminent pour dessiner un grand "X" au nord-ouest de Werner. Cette
formation lumineuse éphémère a été découverte par l’Américain Dana
Thompson en 1978.
Cette croix lumineuse apparaît durant près
de 4h mais sa forme évolue très vite sous l'éclairage croissant du
Soleil. En fouillant dans mes archives j'ai retrouvé une vieille photo
prise le 4 janvier 2004 où le "X lunaire" apparaît. il se trouve aux
coordonnées lunaires suivantes : 0,9° E-25,1° S.
Ce samedi
30 septembre 2023, la grosse Lune gibbeuse trône haut dans le ciel.
Comme j'ai sorti le Celestron 8 pour photographier Saturne, j'en profite
pour également réaliser quelques images de notre satellite naturel. Vu
que nous ne sommes qu'un jour après la pleine Lune, la seule zone qui
montre du relief est celle du limbe est. Ce soir le Celestron 8 est
équipé de la caméra Altaïr GPCAM3 290M, de la barlow Antarès 1,5x et du
filtre Astronomik IR pro 642. En imageant en infrarouge la turbulence
atmosphérique est nettement diminuée et de très fins détails ressortent à
la surface de la Lune. Pour commencer, voici la zone des cratères
Petavius (177 km), visible au premier plan en bas à gauche, et Humboldt
(200 km), visible sur le terminateur. Ces deux cratères comportent des
failles dans leur enceinte, la plus impressionnante est celle de
Petavius Rimae.
La nuit
tombe sur le grand cratère Neper (137 km). Comme il se situe sur le
limbe est de la Lune, sa visibilité dépend beaucoup de la libration.
L'ombre commence à envahir son arène et son haut piton centrale est
encore éclairé par les dernières lueurs du crépuscule. Les zones sombres
visibles à l'ouest de Neper forment la mer des Ondes (Mare Undarum).
Cette plaine de basalte s'étend sur près de 245 km, elle apparaît plutôt
morcelée.
Faisons
une incursion dans l'hémisphère nord. Près du centre de l'image le
cratère Endymion (125 km) est bien reconnaissable avec son fond sombre.
L'intérieur du cratère apparaît plutôt lisse et foncé car il a été
autrefois inondé par de la lave. La libration est ce soir très favorable
pour découvrir la mer de Humboldt (Mare Humboldtanium) dans son
intégralité. Situé sur le limbe nord-est de la Lune, ce bassin d'impact
couvert de basalte (231 km) chevauche à la fois la face visible et la
face cachée de notre satellite. Notons également la présence des cratère
Hercules (71 km) et Atlas (87 km) dans le coin de l'image, en bas à
gauche.
Je réalise
une dernière image en me décalant vers le limbe nord-nord-est. Me voilà
dans les régions septentrionales de la Lune, au delà de la langue
sombre de la mer du Froid (Mare Frigoris). Ici un petit cratère attire
mon attention, il s'agit de Thalès (32 km). Ce dernier est au cœur d'un
système de rayons d’éjectas clairs visibles sur près de 600 km à la
ronde excepté dans la direction nord-ouest, ce qui sous-entend que
l'impact avec le sol lunaire s'est produit sous un angle faible. Thalès
fait partie des lieux où on été observés des phénomènes lunaires
transitoires. En effet, en 1892, l'astronome Edward Emerson Barnard a
observé une sorte de brume qui remplissait le fond de ce cratère.
Nous sommes le 13 juillet 2022 et il est
22h30. Pendant que je prends l'air sur ma terrasse, je remarque
l'apparition d'un grand halo lumineux au dessus de la toiture de
l'immeuble voisin. Cette clarté se fait de plus en plus présente, elle
empêche même la nuit noire de s'installer. Quelques minutes plus tard
j'assiste à l'apparition du magnifique globe argenté d'une Lune qui me
semble plus impressionnant qu'à l'ordinaire : En fait ce soir, c'est la
super pleine Lune ! Notre satellite naturel orbite autour de la Terre
sur une trajectoire elliptique qui l’amène une fois par mois à se
rapprocher un plus près de nous, c'est le moment du périgée. Ce mercredi
le périgée intervient alors que la Lune est en phase pleine, c'est la
super pleine Lune ! En ce 13 juillet la Lune se trouve à 357 264 km de
notre planète, elle apparaît 14% plus grande et 30% plus lumineuse,
voilà pourquoi elle attire particulièrement le regard, qu'elle
impressionne et qu'elle a même un petit quelque chose d'hypnotisant ...
J'ai réalisé l'image suivante avec un Canon 500D installé sur ma lunette
Skywatcher Equinox de 80 mm.
Alors que
ce second confinement dure, la Lune offre une beau spectacle à
l'astronome coincé dans sa grande ville, un plaisir simple dont je
compte bien profiter depuis ma terrasse. Les images présentées
ci-dessous ont été prises avec mon matériel habituel, la lunette TS
Photoline de 125 mm, la caméra Altaïr GPCAM2 imx224 et une barlow
Televue Powermate 2,5x. Le tout est installé sur ma petite monture NEQ5.
Ce soir le ciel est assez brumeux, mais ce n'est pas gênant pour faire
des images de la Lune, par contre l'atmosphère présente une turbulence
ondulante lente avec laquelle je vais devoir composer. Je commence par
le secteur le plus spectaculaire de cette phase, près du terminateur
j'admire le trio de cratère formé par Ptolemaeus (153 km), Alphonsus
(118 km) et Arzachel (97 km) ainsi que la célèbre falaise du Mur Droit.
Le moment
est idéal pour admirer le Mur Droit (Rupes Recta) car l'éclairage est
rasant et la falaise projette une ombre sombre et rectiligne sur la
plaine de la mer des Nuages (mare Nubium). Cet escarpement de 116 km de
long comporte en réalité un dénivelé beaucoup plus doux que ce que son
ombre tranchée semble nous montrer. L'inclinaison de la pente n'est en
fait que de 7 degrés. L'observateur attentif notera également la
présence de nombreuses petites failles sur l'image. Rima Birt 50 km de
long) est située à proximité du Mur Droit, Rimae Alphonsus et Rimae
Arzachel serpentent dans les cratères du même nom.
Vers le
nord le secteur compris entre la chaine de montagne des Apennins (Montes
Apenninus) et le cratère Archimedes (83 km) est également riche en
failles. La plus connue est peut-être Rima Hadley car le module lunaire d'Apollo 15 s'est posé le 30 juillet 1971 aux abords d'un méandre de cette rainure longue de 80 km.
La chaîne
des Apennins comporte de hauts sommets, le point culminant du massif
montagneux est le Mont Huygens qui culmine à près de 5400 m.
Sur le
bord nord de la mer des Pluies (Mare Imbrium) la vallée des Alpes
(Vallis Alpes) est bien dessinée. Cette rainure qui s'étend sur près de
180 km traverse le massif des Alpes (Montes Alpes). A la limite de la
séparation entre le jour est la nuit le Soleil se lève sur le cratère
Plato, une plaine murée de 101 km. La lumière rasante exacerbe les
irrégularités de la ligne de crêtes du rempart de Plato en projetant des
ombres fortement dentelées sur son arène sombre.
Au
delà de la bande sombre de la mer du Froid (Mare Frigoris) mon regard
est attiré par l'immense plaine murée formée par le cratère W.Bond (158
km). Son arène ne semble pas très cratérisée mais elle est couverte de
nombreux petits monticules.
Je
ne m'aventure pas souvent loin du terminateur mais ce soir çà vaut le
coup car j'ai remarqué que la libration nord-est dégageait la mer de
Humboldt (Mare Humboldtianum)
du limbe lunaire. C'est une belle occasion de rendre visite à ce bassin
d'impact couvert de basalte qui est situé à cheval entre la face
visible et la face cachée de notre satellite.
Le cratère
Endymion (125 km) se distingue également avec ses remparts massifs et
son fond sombre anciennement recouvert de lave. les cratères Atlas (87
km) et Hercules (69 km) figurent également sur l'image. Le micro
astronome attentif décèle souvent de petits détails intéressants. Sur le
limbe un petit pic blanc se détache en arrière plan de la mer de
Humboldt, il s'agit du pic central du cratère Compton (162 km), ce
dernier se trouve en fait entièrement sur la face cachée de la Lune !
Sur
le limbe est, au niveau de l'équateur, la libration favorable permet de
distinguer les contours de la mer de Smith (mare Smythii). La vision de
profil de cette mer lunaire circulaire offre un effet de perspective
saisissant, je vous conseille de visionner la version élargie en
cliquant sur l'image, on pourrait se croire dans le module lunaire en
train de survoler notre satellite !
La
bordure occidentale de Mare Smythii est bien visible pile sur le limbe
comme une ligne de crêtes irrégulière. Cette crête montagneuses est
constituée d'un enchevêtrement de remparts de cratères dont le point
culminant est un pic situé sur l'enceinte d'Hirayama Y (50 km). Le
cratère Hirayama est situé sur la face cachée de la Lune.
Ce soir
nous sommes deux jours avant la pleine Lune et comme le ciel est dégagé
je me lance dans une nouvelle séance d'images lunaires. Le terminateur
de cette grosse Lune gibbeuse longe la grande plaine grisâtre de l'Océan
des Tempêtes mais contrairement à ce qu'il semble paraître cette zone
n'est pas dénuée d'intérêt. En effet de belles formations géologiques
témoignant de l'activité volcanique passée de notre satellite s'y
cachent. Pour les observer je vais utiliser comme à mon habitude la
lunette TS Photoline de 125 mm, une barlow Televue Powermate 2,5x et une
caméra Altaïr gpcam2 IMX224.
Cette nuit
la formation marquante de l'océan des Tempêtes est probablement le
plateau d'Aristarque qui est dominé par un cratère extrêmement brillant
portant le même nom. Ce cratère (40 kms de diamètre) doit son sol très
clair à sa jeunesse, il s'agit d'ailleurs de l'une des formations
lunaires les plus récentes, elle est datée de 450 millions d'années.
Mais ce qui attire surtout l'oeil de l'astronome sur ce plateau c'est la
superbe vallée sinueuse Vallis Schröteri longue de 200 kms et large de
10 kms par endroits. Son origine est volcanique, elle correspondrait à
l'ancien tracé d'un flot de lave. Cette région comporte d'autre rainures
mineures comme Rima Prinz que l'on devine sur mon image.
A la
jonction entre Mare Imbrium et Oceanus Procellarum se trouvent deux
petites montagnes bien bombées. Voilà les monts Gruithuisen Gamma et
Delta. Gruithuisen Gamma est un dôme volcanique lunaire qui s'étend sur
20 kms à la base et mesure 900 mètres de hauteur. A son sommet figure un
petit cratère très difficile à voir sur mon image. Parmi les formations
volcaniques majeures de ce secteur citons Rümker Mons. Cette montagne
perdue dans la plaine sombre de l'Océan des Tempêtes est en fait formée
d'un complexe d'une trentaine de dômes lunaires enchevêtrés. Ce massif
s'élève à près de 1100 m d'altitude.
Je note également dans la zone la présence de deux fines et très discrètes rainures, il s'agit de rima Mairan et rima Sharp.
Je fais
une petite incartade du côté de la Mare Frigoris (la Mer du Froid) pour
imager le photogénique cratère Pythagoras (130 kms de diamètre) dont la
cuvette est en grande partie plongée dans l'ombre. Seul le sommet de son
piton central sort des ténèbres. Très joli !
Juste au
sud du plateau d'Aristarque se trouve le cratère Marius (41 kms de
diamètre). Ce dernier est bordé de dizaines de petits dômes volcaniques
que j'avais déjà eu l'occasion de photographier sous un éclairage rasant.
Ces dômes s'élèvent à des hauteurs allant de 200 à 500 mètres
d'altitude, ils seraient les vestiges de concrétions de magma plus
visqueux et épais que les flots de lave qui inondaient autrefois l'océan
des Tempêtes (Oceanus procellarum). Cette fois-ci les dômes sont
éclairés par la lumière du matin lunaire, leur relief est moins accentué
par les ombres portées mais on distingue mieux l'étendue de ce champ
bosselé. Le champs de dômes est voisin d'une fine rainure sinueuse nommée
Rima Marius.
D'autres curiosités sont également visibles à proximité, comme l'étrange et mystérieuse marque claire de Rainer Gamma. Son
albédo lumineux et son motif assez géométrique attire l'oeil mais son
origine reste une énigme. Les astronomes ont remarqué que cette tache
est associée à une très forte anomalie magnétique capable de générer une
mini magnétosphère de 360 km autour d'elle ! Comme les particules
solaires sont connues pour assombrir le sol lunaire et qu'elles sont
déviées par ce mini bouclier il se pourrait bien que le champ magnétique
du lieu ait permis de conserver intacte la clarté du sol.
Encore un
peu plus au sud je parviens au petit cratère Flamsteed ( 21 kms de
diamètre). Il est bien reconnaissable car il se situe sur la bordure sud
d'un plus grand cratère "fantôme" nommé Flamsteed P dont il ne subsiste
qu’un vaste anneau de collines.
Du côté du
terminateur je reconnais le cratère double Sirsalis (42 kms de diamètre
qui est bordé d'un complexe de fissures appelé Rimae Sirsalis. Seule
une partie de la rainure est visible sur mon image, le reste est plongé
dans l'ombre. Parmi les attractions du coin je note aussi le cratère
Damoiseau (37 kms de diamètre) qui présente une originale double
enceinte.
La limite
sud de l'océan des Tempêtes est marqué par le beau cratère Gassendi et
mare Humorum (la mer des Humeurs). Cette mer sombre a une forme
circulaire qui rappelle qu'à l'origine il s'agissait d'un bassin
d'impact qui fut rempli par la lave il y à 3,9 milliards d'années.
La bordure
nord-ouest de mare Humorum comporte quelques rainures dont Rimae
Mersenius et une belle falaise nommée Rupes Liebig. Sur le bord sud se
trouve le cratère Doppelmayer (64 kms de diamètre) qui est en grande
partie enfoui sous d'importantes couches de basalte ainsi que
l'intriguant cratère Vitello (42 kms de diamètre) dont le piton central
est situé sur un plateau interne bordé de falaises.
La Lune en
premier quartier m'a donné envie de tester ma nouvelle caméra Altair
GPcam2 imx 224. Je l'ai installé au foyer de la lunette TS Photoline de
125 mm avec une barlow Televue 2,5x pour augmenter la focale et obtenir
des images plus détaillées des zones intéressantes de notre satellite
naturel. Lors de cette phase on obtient un éclairage rasant sur les
trois cratères spectaculaires Ptolemaeus (153 km), Alphonsus (118 km) et
Arzachel (96 km). Je suis assez content du résultat malgré la
turbulence atmosphérique ondulante qui sévit ce soir. n'hésitez pas à
grossir l'image pour découvrir les petits craterlets au fond de la
plaine murée de Ptolemaeus ou la crête ridée de Alphonsus.
Je ne
résiste pas à retourner imager une zone que j'aime beaucoup : la région
des failles. Avec le capteur plus grand de la Gpcam2 imx 224 je parviens
à englober sur la même image la longue rainure de Rima Ariadaeus (300
km de long), la fissure perlée de Rima Hyginus (220 km de long) et le
complexe réseau de failles de Triesnecker (200 km de long dans son grand
axe). Ces failles sont généralement d'anciennes coulées de lave ou
d'anciens tunnels de lave dont le toit s'est effondré.
Plus au
nord j’obtiens une belle image du complexe massif montagneux Montes
Appenninus. les sommets atteignent par endroits 5000m d'altitude. Il y a
pas mal de petites failles dans le coin, vous pouvez vous amuser à les
chercher avec une carte de la Lune : Rima Conon qui serpente sur 45 km
dans Sinus Fidei, Rima hadley, en partie cachée dans l'ombre des sommets
vertigineux des Monts Hadley (c'est là que s'était posé Apollo 15),
rima Bradley (130 km de long), ou rima Fresnel (complexe de rainures de
90 km de long). Là aussi n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour la
regarder en bonne résolution.
Une vue
de la zone très cratérisée de l’hémisphère sud de la Lune autour des
cratères Maurolycus (plaine close de 114 km) et Stofler (plaine close
qui fut remplie de lave de 126 km).
Et un
petit tour loin du terminateur dans la zone des beaux cratères Cyrillus
(98 km), Theophillus (100 km) et Catharina (100 km). Le champ de l'image
permet également d'englober la longue falaise de Rupes Altaï et
l'étendue sombre de Mare Nectaris.
Privé d'observation par une météo
automnale particulièrement pluvieuse et nuageuse, j'ai eu envie de
retrouver ne serait-ce qu'un instant le chemin des astres. Ce samedi
soir une belle Lune gibbeuse illuminait le ciel, j'en ai profité pour
lui tirer le portrait avec la lunette TS Photoline de 125 mm. N'hésitez
pas à cliquer sur l'image pour visionner les nombreux reliefs lunaires
visibles à proximité du terminateur.
Ce soir la
Lune est en phase pleine, elle se trouve en position orbitale de
périgée c'est à dire qu'elle se situe au plus près de la Terre. Résultat
: elle est 14% plus grand qu'à l'ordinaire, mais aussi 36% plus
brillante. C'était l'occasion rêvée pour l'immortaliser.
Image prise avec le zoom de mon Lumix FZ200
Puis j'ai
eu envie de réaliser une manipulation peu courante mais pédagogiquement
très intéressante avec cette image : je me suis amusé à accentuer la
saturation des couleurs pour mettre en évidence les teintes des sols de
la Lune. Ces nuances révélées sont directement liées à la
nature minéralogique des sols : En jaune-orange ou rouge les zones sont
riches en fer, en bleu elle sont pourvues de titane, en jaune-vert c'est
le pyroxène ou l'olivine qui prédomine.