Affichage des articles dont le libellé est images de la Lune. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est images de la Lune. Afficher tous les articles

vendredi 25 septembre 2026

Le grand champ de dômes volcaniques lunaires de Marius

 

Voici une nouvelle image réalisée le 23 septembre 2026 avec le CPC925 et la caméra Altaïr GPCAM3 462M équipée d'un filtre Astronomik pro planet BP642. Après avoir photographié le plateau d'Aristarque et la vallée de Schröter, je me suis déplacé vers le sud en direction du cratère Marius et du grand champ de dômes volcaniques qui l'entoure.


Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M + barlow Kepler shorty apo 2x +  filtre R+IR pro planet 642 BP


Les dômes de Marius constituent une vaste région volcanique située à l'ouest du cratère Marius (41 km de diamètre), dans l'immense plaine sombre de l'océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum). Cette région regroupe la plus grande concentration de dômes volcaniques lunaires, avec plus de 300 formations répertoriées. Ces collines ont été créées par des remontées de laves visqueuses, elles mesurent généralement entre 3 et 10 kilomètres de diamètre pour une hauteur de 50 à 500 mètres. La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a permis d'identifier deux sortes distinctes de dômes dans le secteur, de grands dômes aux formes irrégulières et des dômes plus petits, aux flancs abrupts.

Notons également qu'au nord-est de ce massif volcanique se trouve la fine trace sinueuse d’une ancienne rivière de lave : Rima Marius, longue de 275 km pour moins de 1 km de large. Les rainures lunaires se forment lorsque de grands volumes de magma à faible viscosité entrent en éruption et s'écoulent de manière turbulente. Cet écoulement turbulent creuse un chenal en érodant la surface de la lune, jusqu'à ce que le magma finisse par s'évacuer.

 

jeudi 24 septembre 2026

L'impressionnante vallée de Schröter

 

Retour sur la Lune avec le CPC925 et la caméra Altaïr GPCAM3 462M équipée d'un filtre Astronomik pro planet BP642. Ce soir la turbulence atmosphérique est avec des ondulations haute fréquence, rien de rédhibitoire pour pratiquer de l’imagerie lunaire à haute résolution. Nous sommes le 12ème jour lunaire et la phase gibbeuse offre un terminateur idéal pour photographier le cratère Aristarque  et la vallée de Schröter.

Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M + barlow Kepler shorty apo 2x +  filtre R+IR pro planet 642 BP

 

Aristarque est un cratère d'impact remarquable qui présente des remparts couverts de matériaux clairs. Il s'agit de l'une des formations les plus brillantes de notre satellite naturel, à tel point qu'à l'oculaire du télescope il attire l’œil, on ne peut pas le rater. Cette clarté trahit la relative jeunesse de l'impact, il est daté de seulement 450 millions d'années; ce qui en fait l'une de reliefs les plus récents de la Lune. Le cratère Aristarque mesure 40 km de diamètre, son enceinte culmine quant elle à 3700 m.

La vallée de Schröter est une large vallée sinueuse qui s'étend sur près de 200 km de long à travers le plateau montagneux d’Aristarque. Il s'agit d'une ancienne rivière de lave dont les flots s'écoulaient à partir d'un dôme volcanique surmontant une caldéra. La vallée de Schröter trouve sa source à près de 2000 m d'altitude et présente une largeur de plus de 5 km par endroit. On compare souvent la vallée de Schröter à un cobra dont la tête se situerait entre les cratères Hérodote et Aristarque.

A gauche d'Aristarque, nous pouvons deviner le vestige du cratère Prinz, une enceinte de 47 km de diamètre en "forme de fer à cheval" qui en grande partie ensevelie par les flots de lave de la Mer des Pluies. Juste au dessus s'étendent de fines rainures, bien plus discrètes que la vallée de Schröter, il s'agit des rimae Prinz. Se sont d'anciens canaux creusés par des coulées de laves basaltiques très fluides. La lave à haute température a érodé et fait fondre la roche de surface, laissant derrière elle ces canaux ou des tunnels de lave effondrés.

 

vendredi 27 février 2026

Les belles rainures lunaires de Triesnecker et d'Hyginus

 

J'ai eu l'occasion d'observer la Lune avec mon Celestron 9 par une belle nuit stable à l'observatoire de Marseille. Nous étions au premier quartier de Lune et je faisais découvrir les reliefs lunaires au public. J'ai quand même trouvé un moment pour installer la caméra Altaïr GPCAM3 462M au foyer du Schmidt Cassegrain pour faire une capture. J'ai rajouté une barlow Kepler 2x et un filtre R+ IR Astronomik pro planet  BP642 pour détailler une zone lunaire que j'affectionne particulièrement : Les failles d'Hyginus et de Triesnecker. Ces formations lunaires sont à observer en lumière rasante à partir du 7ème jour lunaire.

 


Cette région proche de l'équateur lunaire a fortement été marquée par le volcanisme dans le passé. Les nombreuses failles (appelées rimae) que l'on y trouve en témoigne. Notons que la fissure de Hyginus (en haut à gauche) est entrecoupée d'un cratère de 9 km de diamètre qui s'avère être une caldeira volcanique et non une marque d'impact. La fissure perlée de Rima Hyginus (219 km de long pour 4 km de large) et le complexe réseau de failles de Triesnecker (200 km de long dans son grand axe) sont des failles correspondant à d'anciennes coulées de lave ou d'anciens tunnels de lave dont le toit s'est effondré. Ces structures pourraient être liés à la formation du Sinus Medii (la grande baie sombre et plane où se trouvent les rainures), il y a 3,5 milliards d’années de cela. Les "fines" rainures entrecroisées de Triesnecker portent le nom du cratère qui les borde. Cette marque d'impact d'astéroïde mesure 26 km de diamètre.

 

jeudi 29 janvier 2026

Les cratères Tycho et Clavius au Celestron 9

 

Quelle misère ce mois de janvier 2026 ! Pas moyen de trouver une nuit dégagée propice aux observations astronomiques durant des semaines, jusqu'au mercredi 28 où quelques trouées m'ont permis de ressortir enfin le Celestron 9. Ce soir là j'animais pour une soirée d'observation publique à l'observatoire de Marseille, et j'ai pris de quelques instants pour tirer le portrait de deux beaux cratères de l'hémisphère sud lunaire. Malgré la présence d'une turbulence atmosphérique ondulante, j'ai pu obtenir deux images assez détaillées, à commencer par l'imposant cratère d'impact Clavius. Avec son diamètre de 225 km, il s'agit du troisième plus grand cratère de la face visible de notre satellite naturel. Ses remparts sont impressionnant car ils culminent par endroit à 3500 m d'altitude. Clavius apparaît traversé par un enchainement original de craterlets disposés en arc de cercle et qui se suivent du plus grand au plus petit comme les Daltons.

 


Toujours dans l'hémisphère sud, voici le cratère Tycho, dont le relief très marqué et le système rayonnant d’éjectas indiquent qu'il est relativement jeune. En effet, il se serait formé il y a 107 millions d'années (au temps des dinosaures sur Terre) à la suite de la chute d'un astéroïde d'une dizaine de kilomètres de diamètre. Ce cratère présente un diamètre de 92 km et ses remparts, très élevés, culminent à 4700 m ! Tycho comporte un magnifique piton central montagneux qui domine le font du cratère avec une hauteur de 2200 m. 

 


 

mardi 30 décembre 2025

Gros plan sur l'impressionnant cratère Copernic avec le Celestron 9

 

Lundi 29 décembre 2025 la nuit était claire, j'en ai profité pour sortir le Celestron 9 et imager Jupiter puis la Lune. L'atmosphère était très stable, les images des reliefs lunaires à l'oculaire étaient magnifiques et détaillées. Près du terminateur, le grand cratère Copernic se distinguait parfaitement. Ce cratère d'impact est relativement récent dans l'histoire de notre satellite naturel, son âge est estimé à 800 millions d'années. Ses remparts en terrasses sont impressionnants, ils mesurent 93 km de large et 3800 m de hauteur. Le cratère entoure un groupe de montagnes centrales dont les plus hautes atteignent près de 900 m d'altitude. Notons également que les nombreux petits cratères qui parsèment l'image ont été crées par les retombées d'éjectas soulevés au moment de l'impact qui engendra Copernic.

 


 Le cratère Copernic - Celestron CPC de 235 mm et caméra Altaïr GPCAM3 462M + barlow Kepler shorty apo 2x +  filtre R+IR pro planet 642 BP

 

 

dimanche 18 février 2024

Le cratère Werner et le X lunaire

 

Ce samedi 17 février 2024 j'ai profité d'une belle nuit très stable pour sortir le Nexstar 8 SE et la caméra Altaïr GPCAM290C. J'ai commencé par imager Jupiter, puis j'ai enchainé avec la Lune. Je vous présente le jeune cratère Werner (71 km) dont le relief est particulièrement prononcé. En effet, ses remparts s'élèvent à près de 4200 mètres d'altitude ! Au fond du cratère figure un pic plutôt modeste et décentré entouré de petites collines. Dans cette région très cratérisée de l’hémisphère sud lunaire se trouve une curiosité bien connue des astronomes amateurs : Le "X" lunaire !

 


Le "X lunaire" est une curiosité observationnelle qui apparaît durant quelques heures lorsque le cratère Werner est situé sur le terminateur un peu avant le premier quartier. Lorsque l’éclairage solaire est rasant, les hauts reliefs qui séparent  les cratères Purbach, La Caille, Blanchinus et Regiomontanus s'illuminent pour dessiner un grand "X" au nord-ouest de Werner. Cette formation lumineuse éphémère a été découverte par l’Américain Dana Thompson en 1978.

 


Cette croix lumineuse apparaît durant près de 4h mais sa forme évolue très vite sous l'éclairage croissant du Soleil. En fouillant dans mes archives j'ai retrouvé une vieille photo prise le 4 janvier 2004 où le "X lunaire" apparaît. il se trouve aux coordonnées lunaires suivantes : 0,9° E-25,1° S.

 



samedi 30 septembre 2023

Balade sur le limbe un jour après la Pleine Lune avec le C8

 

Ce samedi 30 septembre 2023, la grosse Lune gibbeuse trône haut dans le ciel. Comme j'ai sorti le Celestron 8 pour photographier Saturne, j'en profite pour également réaliser quelques images de notre satellite naturel. Vu que nous ne sommes qu'un jour après la pleine Lune, la seule zone qui montre du relief est celle du limbe est. Ce soir le Celestron 8 est équipé de la caméra Altaïr GPCAM3 290M, de la barlow Antarès 1,5x et du filtre Astronomik IR pro 642. En imageant en infrarouge la turbulence atmosphérique est nettement diminuée et de très fins détails ressortent à la surface de la Lune. Pour commencer, voici la zone des cratères Petavius (177 km), visible au premier plan en bas à gauche, et Humboldt (200 km), visible sur le terminateur. Ces deux cratères comportent des failles dans leur enceinte, la plus impressionnante est celle de Petavius Rimae.


La nuit tombe sur le grand cratère Neper (137 km). Comme il se situe sur le limbe est de la Lune, sa visibilité dépend beaucoup de la libration. L'ombre commence à envahir son arène et son haut piton centrale est encore éclairé par les dernières lueurs du crépuscule. Les zones sombres visibles à l'ouest de Neper forment la mer des Ondes (Mare Undarum). Cette plaine de basalte s'étend sur près de 245 km, elle apparaît plutôt morcelée.


Faisons une incursion dans l'hémisphère nord. Près du centre de l'image le cratère Endymion (125 km) est bien reconnaissable avec son fond sombre. L'intérieur du cratère apparaît plutôt lisse et foncé car il a été autrefois inondé par de la lave. La libration est ce soir très favorable pour découvrir la mer de Humboldt (Mare Humboldtanium) dans son intégralité. Situé sur le limbe nord-est de la Lune, ce bassin d'impact couvert de basalte (231 km) chevauche à la fois la face visible et la face cachée de notre satellite. Notons également la présence des cratère Hercules (71 km) et Atlas (87 km) dans le coin de l'image, en bas à gauche.


Je réalise une dernière image en me décalant vers le limbe nord-nord-est. Me voilà dans les régions septentrionales de la Lune, au delà de la langue sombre de la mer du Froid (Mare Frigoris). Ici un petit cratère attire mon attention, il s'agit de Thalès (32 km). Ce dernier est au cœur d'un système de rayons d’éjectas clairs visibles sur près de 600 km à la ronde excepté dans la direction nord-ouest, ce qui sous-entend que l'impact avec le sol lunaire s'est produit sous un angle faible. Thalès fait partie des lieux où on été observés des phénomènes lunaires transitoires. En effet, en 1892, l'astronome Edward Emerson Barnard a observé une sorte de brume qui remplissait le fond de ce cratère. 



 

jeudi 14 juillet 2022

Le spectacle éblouissant de la super pleine Lune

 

 Nous sommes le 13 juillet 2022 et il est 22h30. Pendant que je prends l'air sur ma terrasse, je remarque l'apparition d'un grand halo lumineux au dessus de la toiture de l'immeuble voisin. Cette clarté se fait de plus en plus présente, elle empêche même la nuit noire de s'installer. Quelques minutes plus tard j'assiste à l'apparition du magnifique globe argenté d'une Lune qui me semble plus impressionnant qu'à l'ordinaire : En fait ce soir, c'est la super pleine Lune ! Notre satellite naturel orbite autour de la Terre sur une trajectoire elliptique qui l’amène une fois par mois à se rapprocher un plus près de nous, c'est le moment du périgée. Ce mercredi le périgée intervient alors que la Lune est en phase pleine, c'est la super pleine Lune ! En ce 13 juillet la Lune se trouve à 357 264 km de notre planète, elle apparaît 14% plus grande et 30% plus lumineuse, voilà pourquoi elle attire particulièrement le regard, qu'elle impressionne et qu'elle a même un petit quelque chose d'hypnotisant ... J'ai réalisé l'image suivante avec un Canon 500D installé sur ma lunette Skywatcher Equinox de 80 mm.

 


 

 

mardi 24 novembre 2020

Balade lunaire juste après le premier quartier

 

Alors que ce second confinement dure, la Lune offre une beau spectacle à l'astronome coincé dans sa grande ville, un plaisir simple dont je compte bien profiter depuis ma terrasse. Les images présentées ci-dessous ont été prises avec mon matériel habituel, la lunette TS Photoline de 125 mm, la caméra Altaïr GPCAM2 imx224 et une barlow Televue Powermate 2,5x. Le tout est installé sur ma petite monture NEQ5. Ce soir le ciel est assez brumeux, mais ce n'est pas gênant pour faire des images de la Lune, par contre l'atmosphère présente une turbulence ondulante lente avec laquelle je vais devoir composer. Je commence par le secteur le plus spectaculaire de cette phase, près du terminateur j'admire le trio de cratère formé par Ptolemaeus (153 km), Alphonsus (118 km) et Arzachel (97 km) ainsi que la célèbre falaise du Mur Droit.


Le moment est idéal pour admirer le Mur Droit (Rupes Recta) car l'éclairage est rasant et la falaise projette une ombre sombre et rectiligne sur la plaine de la mer des Nuages (mare Nubium). Cet escarpement de 116 km de long comporte en réalité un dénivelé beaucoup plus doux que ce que son ombre tranchée semble nous montrer. L'inclinaison de la pente n'est en fait que de 7 degrés. L'observateur attentif notera également la présence de nombreuses petites failles sur l'image. Rima Birt 50 km de long) est située à proximité du Mur Droit, Rimae Alphonsus et Rimae Arzachel serpentent dans les cratères du même nom.


Vers le nord le secteur compris entre la chaine de montagne des Apennins (Montes Apenninus) et le cratère Archimedes (83 km) est également riche en failles. La plus connue est peut-être Rima Hadley car le module lunaire d'Apollo 15 s'est posé le 30 juillet 1971 aux abords d'un méandre de cette rainure longue de 80 km.


La chaîne des Apennins comporte de hauts sommets, le point culminant du massif montagneux est le Mont Huygens qui culmine à près de 5400 m.


Sur le bord nord de la mer des Pluies (Mare Imbrium) la vallée des Alpes (Vallis Alpes) est bien dessinée. Cette rainure qui s'étend sur près de 180 km traverse le massif des Alpes (Montes Alpes). A la limite de la séparation entre le jour est la nuit le Soleil se lève sur le cratère Plato, une plaine murée de 101 km. La lumière rasante exacerbe les irrégularités de la ligne de crêtes du rempart de Plato en projetant des ombres fortement dentelées sur son arène sombre.


Au delà de la bande sombre de la mer du Froid (Mare Frigoris) mon regard est attiré par l'immense plaine murée formée par le cratère W.Bond (158 km). Son arène ne semble pas très cratérisée mais elle est couverte de nombreux petits monticules.


Je ne m'aventure pas souvent loin du terminateur mais ce soir çà vaut le coup car j'ai remarqué que la libration nord-est dégageait la mer de Humboldt (Mare Humboldtianum) du limbe lunaire. C'est une belle occasion de rendre visite à ce bassin d'impact couvert de basalte qui est situé à cheval entre la face visible et la face cachée de notre satellite.


Le cratère Endymion (125 km) se distingue également avec ses remparts massifs et son fond sombre anciennement recouvert de lave. les cratères Atlas (87 km) et Hercules (69 km) figurent également sur l'image. Le micro astronome attentif décèle souvent de petits détails intéressants. Sur le limbe un petit pic blanc se détache en arrière plan de la mer de Humboldt, il s'agit du pic central du cratère Compton (162 km), ce dernier se trouve en fait entièrement sur la face cachée de la Lune !


Sur le limbe est, au niveau de l'équateur, la libration favorable permet de distinguer les contours de la mer de Smith (mare Smythii). La vision de profil de cette mer lunaire circulaire offre un effet de perspective saisissant, je vous conseille de visionner la version élargie en cliquant sur l'image, on pourrait se croire dans le module lunaire en train de survoler notre satellite !


La bordure occidentale de Mare Smythii  est bien visible pile sur le limbe comme une ligne de crêtes irrégulière. Cette crête montagneuses est constituée d'un enchevêtrement de remparts de cratères dont le point culminant est un pic situé sur l'enceinte d'Hirayama Y (50 km). Le cratère Hirayama est situé sur la face cachée de la Lune.




jeudi 1 octobre 2020

Balade autour de l'Océan des Tempêtes

 

 

Ce soir nous sommes deux jours avant la pleine Lune et comme le ciel est dégagé je me lance dans une nouvelle séance d'images lunaires. Le terminateur de cette grosse Lune gibbeuse longe la grande plaine grisâtre de l'Océan des Tempêtes mais contrairement à ce qu'il semble paraître cette zone n'est pas dénuée d'intérêt. En effet de belles formations géologiques témoignant de l'activité volcanique passée de notre satellite s'y cachent. Pour les observer je vais utiliser comme à mon habitude la lunette TS Photoline de 125 mm, une barlow Televue Powermate 2,5x et une caméra Altaïr gpcam2 IMX224.


Cette nuit la formation marquante de l'océan des Tempêtes est probablement le plateau d'Aristarque qui est dominé par un cratère extrêmement brillant portant le même nom. Ce cratère (40 kms de diamètre) doit son sol très clair à sa jeunesse, il s'agit d'ailleurs de l'une des formations lunaires les plus récentes, elle est datée de 450 millions d'années. Mais ce qui attire surtout l'oeil de l'astronome sur ce plateau c'est la superbe vallée sinueuse Vallis Schröteri longue de 200 kms et large de 10 kms par endroits. Son origine est volcanique, elle correspondrait à l'ancien tracé d'un flot de lave. Cette région comporte d'autre rainures mineures comme Rima Prinz que l'on devine sur mon image.


A la jonction entre Mare Imbrium et Oceanus Procellarum se trouvent deux petites montagnes bien bombées. Voilà les monts Gruithuisen Gamma et Delta. Gruithuisen Gamma est un dôme volcanique lunaire qui s'étend sur 20 kms à la base et mesure 900 mètres de hauteur. A son sommet figure un petit cratère très difficile à voir sur mon image. Parmi les formations volcaniques majeures de ce secteur citons Rümker Mons. Cette montagne perdue dans la plaine sombre de l'Océan des Tempêtes est en fait formée d'un complexe d'une trentaine de dômes lunaires enchevêtrés. Ce massif s'élève à près de 1100 m d'altitude.


Je note également dans la zone la présence de deux fines et très discrètes rainures, il s'agit de rima Mairan et rima Sharp.


Je fais une petite incartade du côté de la Mare Frigoris (la Mer du Froid) pour imager le photogénique cratère Pythagoras (130 kms de diamètre) dont la cuvette est en grande partie plongée dans l'ombre. Seul le sommet de son piton central sort des ténèbres. Très joli !


Juste au sud du plateau d'Aristarque se trouve le cratère Marius (41 kms de diamètre). Ce dernier est bordé de dizaines de petits dômes volcaniques que j'avais déjà eu l'occasion de photographier sous un éclairage rasant. Ces dômes s'élèvent à des hauteurs allant de 200 à 500 mètres d'altitude, ils seraient les vestiges de concrétions de magma plus visqueux et épais que les flots de lave qui inondaient autrefois l'océan des Tempêtes (Oceanus procellarum). Cette fois-ci les dômes sont éclairés par la lumière du matin lunaire, leur relief est moins accentué par les ombres portées mais on distingue mieux l'étendue de ce champ bosselé. Le champs de dômes est voisin d'une fine rainure sinueuse nommée Rima Marius.


D'autres curiosités sont également visibles à proximité, comme l'étrange et mystérieuse marque claire de Rainer Gamma. Son albédo lumineux et son motif assez géométrique attire l'oeil mais son origine reste une énigme. Les astronomes ont remarqué que cette tache est associée à une très forte anomalie magnétique capable de générer une mini magnétosphère de 360 km autour d'elle ! Comme les particules solaires sont connues pour assombrir le sol lunaire et qu'elles sont déviées par ce mini bouclier il se pourrait bien que le champ magnétique du lieu ait permis de conserver intacte la clarté du sol.


Encore un peu plus au sud je parviens au petit cratère Flamsteed ( 21 kms de diamètre). Il est bien reconnaissable car il se situe sur la bordure sud d'un plus grand cratère "fantôme" nommé Flamsteed P dont il ne subsiste qu’un vaste anneau de collines.


Du côté du terminateur je reconnais le cratère double Sirsalis (42 kms de diamètre qui est bordé d'un complexe de fissures appelé Rimae Sirsalis. Seule une partie de la rainure est visible sur mon image, le reste est plongé dans l'ombre. Parmi les attractions du coin je note aussi le cratère Damoiseau (37 kms de diamètre) qui présente une originale double enceinte.


La limite sud de l'océan des Tempêtes est marqué par le beau cratère Gassendi et mare Humorum (la mer des Humeurs). Cette mer sombre a une forme circulaire qui rappelle qu'à l'origine il s'agissait d'un bassin d'impact qui fut rempli par la lave il y à 3,9 milliards d'années.


La bordure nord-ouest de mare Humorum comporte quelques rainures dont Rimae Mersenius et une belle falaise nommée Rupes Liebig. Sur le bord sud se trouve le cratère Doppelmayer (64 kms de diamètre) qui est en grande partie enfoui sous d'importantes couches de basalte ainsi que l'intriguant cratère Vitello (42 kms de diamètre) dont le piton central est situé sur un plateau interne bordé de falaises.




lundi 29 juin 2020

Failles et cratères du premier quartier de lune

 

 

La Lune en premier quartier m'a donné envie de tester ma nouvelle caméra Altair GPcam2 imx 224. Je l'ai installé au foyer de la lunette TS Photoline de 125 mm  avec une barlow Televue 2,5x pour augmenter la focale et obtenir des images plus détaillées des zones intéressantes de notre satellite naturel. Lors de cette phase on obtient un éclairage rasant sur les trois cratères spectaculaires Ptolemaeus (153 km), Alphonsus (118 km) et Arzachel (96 km). Je suis assez content du résultat malgré la turbulence atmosphérique ondulante qui sévit ce soir. n'hésitez pas à grossir l'image pour découvrir les petits craterlets au fond de la plaine murée de Ptolemaeus ou la crête ridée de Alphonsus.


Je ne résiste pas à retourner imager une zone que j'aime beaucoup : la région des failles. Avec le capteur plus grand de la Gpcam2 imx 224 je parviens à englober sur la même image la longue rainure de Rima Ariadaeus (300 km de long), la fissure perlée de Rima Hyginus (220 km de long) et le complexe réseau de failles de Triesnecker (200 km de long dans son grand axe). Ces failles sont généralement d'anciennes coulées de lave ou d'anciens tunnels de lave dont le toit s'est effondré.


Plus au nord j’obtiens une belle image du complexe massif montagneux Montes Appenninus. les sommets atteignent par endroits 5000m d'altitude.  Il y a pas mal de petites failles dans le coin, vous pouvez vous amuser à les chercher avec une carte de la Lune : Rima Conon qui serpente sur 45 km dans Sinus Fidei, Rima hadley, en partie cachée dans l'ombre des sommets vertigineux des Monts Hadley (c'est là que s'était posé Apollo 15), rima Bradley (130 km de long), ou rima Fresnel (complexe de rainures de 90 km de long). Là aussi n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour la regarder en bonne résolution.


Une vue de la zone très cratérisée de l’hémisphère sud de la Lune autour des cratères Maurolycus (plaine close de 114 km) et Stofler (plaine close qui fut remplie de lave de 126 km).


Et un petit tour loin du terminateur dans la zone des beaux cratères Cyrillus (98 km), Theophillus (100 km) et Catharina (100 km). Le champ de l'image permet également d'englober la longue falaise de Rupes Altaï et l'étendue sombre de Mare Nectaris.


samedi 7 décembre 2019

Une magnifique Lune gibbeuse

 

Privé d'observation par une météo automnale particulièrement pluvieuse et nuageuse, j'ai eu envie de retrouver ne serait-ce qu'un instant le chemin des astres. Ce samedi soir une belle Lune gibbeuse illuminait le ciel, j'en ai profité pour lui tirer le portrait avec la lunette TS Photoline de 125 mm. N'hésitez pas à cliquer sur l'image pour visionner les nombreux reliefs lunaires visibles à proximité du terminateur.

 


 

samedi 22 juin 2013

La "super pleine Lune" de l'année

 

Ce soir la Lune est en phase pleine, elle se trouve en position orbitale de périgée c'est à dire qu'elle se situe au plus près de la Terre. Résultat : elle est 14% plus grand qu'à l'ordinaire, mais aussi 36% plus brillante. C'était l'occasion rêvée pour l'immortaliser.


       Image prise avec le zoom de mon Lumix FZ200

Puis j'ai eu envie de réaliser une manipulation peu courante mais pédagogiquement très intéressante avec cette image : je me suis amusé à accentuer la saturation des couleurs pour mettre en évidence les teintes des sols de la Lune. Ces nuances révélées sont directement liées à la nature minéralogique des sols : En jaune-orange ou rouge les zones sont riches en fer, en bleu elle sont pourvues de titane, en jaune-vert c'est le pyroxène ou l'olivine qui prédomine.